Note sur le titre du blog

 

Ce vers, de Georg Trakl, qui donne nom à ce blog:

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O habiter le bleu mouvant de la nuit.

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Il provient du poème Chant du retiré, Gesang des Abgeschiedenen, traduit par Isabelle Baladine Howald pour la Revue de Belles-lettres, n° 2014, I, pages 156/159.

 

 

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Poèmes
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Georg Trakl
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Chant du retiré
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A Karl Borromaeus Heinrich

 

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Plein d’harmonies est le vol des oiseaux. Le soir les vertes forêts
Sont rassemblées autour des huttes plus tranquilles;
Pâturages cristallins du chevreuil.
De l’obscur apaise le clapotis du ruisseau, les ombres humides

 

Et les fleurs de l’été si belles qui tintent dans le vent.
Déjà s’assombrit le front d’un homme pensif.

 

Et s’éclaire une lueur dans son coeur, le bien,
Et la paix du repas; car le pain et le vin sont bénis
Par les mains de Dieu, et paisible te regarde de ses yeux de nuit
Ton frère, qu’il se repose de l’épineux voyage.

 

O habiter le bleu mouvant de la nuit.

 

Et avec amour le silence dans la chambre étreint l’ombre des
ancêtres,
Les pourpres tourments, plainte d’une grande famille
Qui pieusement maintenant s’éteint dans le descendant solitaire.

 

Car plus rayonnant toujours s’éveille des noires minutes de la
démence
Celui qui endure sur le seuil pétrifié
Et violemment l’étreignent le bleu froid et la chute éclatante de l’automne,

 

La maison paisible et les légendes de la forêt,
Mesure et loi et les sentiers lunaires des retirés.

 

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Gedichte
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Georg Trakl
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Gesang des Abgeschiedenen
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An Karl Borromaeus Heinrich

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Voll Harmonien ist der Flug der Vögel. Es haben die grünen Wälder
Am Abend sich zu stilleren Hütten versammelt;
Die kristallenen Weiden des Rehs.
Dunkles besänftigt das Plätschern des Bachs, die feuchten Schatten

 

Und die Blumen des Sommers, die schön im Winde läuten.
Schon dämmert die Stirne dem sinnenden Menschen.

 

Und es leuchtet ein Lämpchen, das Gute, in seinem Herzen
Und der Frieden des Mahls; denn geheiligt ist Brot und Wein
Von Gottes Händen, und es schaut aus nächtigen Augen
Stille dich der Bruder an, dass er ruhe von dorniger Wanderschaft.

 

O das Wohnen in der beseelten Bläue der Nacht.

 

Liebend auch umfängt das Schweigen im Zimmer die Schatten der
Alten,
Die purpurnen Martern, Klage eines grossen Geschlechts,
Das fromm nun hingeht in einsamen Enkel.

 

Denn strahlender immer erwacht aus schwarzen Minuten des
Wahnsinns
Der Duldende an versteinerter Schwelle
Und es umfangt ihn gewaltig die kühle Bläue und die leuchtende Neige des Herbstes,

 

Das stille Haus und die Sagen des Waldes,
Mass und Gesetz und die mondenen Pfade der Abgeschiedenen.

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Georg Trakl, in Poèmes – cinq poèmes de Georg Trakl – , in rbl la revue des belles-lettres, 2014, I

Pages 157, 159. Bilingue, traduit de l’allemand par Isabelle Baladine Howald.

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Page 154, L’ex-libris de Georg Trakl, gravé par Max von Esterle (1870-1947) a été offert à Jil Silberstein par Birgit von Fricker, la fille de Ludwig von Fricker.

2 réflexions sur “Note sur le titre du blog

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